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Randonnée aux Aït Bouguemez : le guide de la Vallée Heureuse

La vallée des Aït Bouguemez est l'un des plus beaux territoires de randonnée du Haut Atlas : du lac Izourar aux villages de pisé, jusqu'au M'Goun. Les sentiers que nous marchons depuis toujours.

Randonneurs dans l'Atlas marocain, paysage montagneux enneigé avec rochers moussu

Plonger dans la vallée des Aït Bougmez, c'est comme signer pour un retour dans le temps. Ici, au pied de l'Azourki et à 2200 mètres d'altitude, le Maroc se renouvelle chaque année au rythme de la floraison des pommiers et de la fonte des neiges. Pour s'y rendre, c'est déjà, sinon l'aventure, au moins l'acceptation que le lieu se mérite : environ quatre heures de route séparent un Maroc moderne et agité d'un Maroc reculé et silencieux. Franchir le col de Tizi n'Tirghist, à 2629 mètres, c'est fermer un moment la porte de la modernité et ouvrir ses sens à l'authenticité.

Bienvenue en terres Amazighs !

Pourquoi randonner dans la vallée des Aït Bouguemez ?

Village berbère en pisé et champs verts au pied des sommets enneigés, vallée des Aït Bouguemez au printemps

On la surnomme la Vallée Heureuse, et ce n'est pas une formule de brochure. Depuis la terrasse de Touda, qui surplombe le village de Zawyat Oulmzi, il suffit de tourner les yeux vers la plaine verdoyante pour palper ce sentiment de sérénité collective. La vallée grouille en toute tranquillité : le temps est à la pousse des carottes, aux labours tracés par les mules, aux plantations de pommes de terre. À quelques pas, des hommes s'activent pour monter le mur d'une maison. Ils sont cinq, dix, plus si nécessaire. L'ouvrage est unique, la réalisation plurielle.

Une anecdote dit tout de ce lieu : un seul gonfleur pour tout le village est rangé à Touda, et chaque matin, un joueur vient redonner corps au ballon pour que le match de foot puisse commencer. Pourquoi un seul gonfleur ? Et finalement pourquoi pas ? C'est dans la vallée des Aït Bouguemez , loin du tourisme de masse du Toubkal, qu'on croise encore plus de bergers que de randonneurs. On y marche dans un paysage vivant, cultivé, habité. Pas dans un décor.

Les plus belles randonnées à la journée

Parmi les hommes de la vallée, Saïd et Ahmed, nos accompagnateurs sur les sentiers. Agriculteurs, guides, bricoleurs en tout genre, la chanson au bout des lèvres et la débrouille au bout des doigts. C'est à travers leurs yeux et dans leurs pas que se déroulent les belles randonnées de la région.

Le plateau du lac Izourar et les tentes des nomades lors de la transhumance, vallée des Aït Bouguemez

Le lac Izourar et la steppe des nomades

On découvre d'abord, en dépassant facilement les quelque 350 mètres de dénivelé de la balade, une vaste steppe qui abrite un lac couleur terre : Izourar. Le paysage, spectaculaire et quasi lunaire, accueille les nomades et leurs troupeaux lors des transhumances du mois de mai. Suivre le contour du lac permet d'apprécier l'ambiance, l'isolement, le silence. Comptez une bonne journée depuis l'écolodge, accessible à tout marcheur régulier.

De village en village jusqu'à Tabant

Le lendemain, changement de tonalité en descendant dans la vallée. Jusqu'à Tabant, c'est un itinéraire clairsemé de champs cultivés, de villages innombrables et peuplés d'enfants, de canaux irriguant le tout, d'eau et d'éclaboussures de vies. En traversant Igelouane, Ifrane, Rbat et tant d'autres villages, on foule les mêmes sentiers que l'homme qui part au champ ou l'enfant qui court rejoindre l'école. Un salam alikoum échangé, sans suspendre la tâche en cours, et la vie continue.

En suivant Brahim à pas lents, on s'inscrit dans une marche paisible, attentive à ce qui l'entoure. Les mules qui nous accompagnent, très pratiques pour le portage des enfants, ne nous incitent pas à accélérer. Parfois, à l'ombre d'un chêne vert ou d'un genévrier, Brahim propose des fruits secs, et on en profite pour échanger les noms des sommets, parler des modes de vie, des traditions.

Ibaklliwn et les traces de dinosaures

Les enfants dodelinent sur la mule, s'assoupissent parfois, et retrouvent soudainement de l'énergie en arrivant à Ibaklliwn. Là, c'est rendez-vous avec la préhistoire et observation des traces de dinosaures. Discret et peu mis en valeur, le site ne se découvre qu'en posant la question à un habitant. Une demi-journée facile, parfaite avec des enfants.

Trek dans le Haut Atlas : les grands départs depuis la vallée

Les Aït Bouguemez sont la porte d'entrée nord du massif du M'Goun, le plus haut sommet du Haut Atlas central. Contrairement au Toubkal, il se gagne sans difficulté technique, mais il demande de l'endurance et une vraie acclimatation : trois à cinq jours de marche, des nuits en bivouac ou en bergerie, et un sommet qui domine tout l'Atlas. L'itinéraire jour par jour, la meilleure période et la préparation sont détaillés sur notre page dédiée à l'ascension du M'Goun.

Vers la vallée des roses, les gorges du M'Goun et leur randonnée aquatique, ou les pâturages des transhumances, des treks itinérants de quatre à huit jours partent aussi de la vallée, avec muletiers et nuits chez l'habitant. Retrouvez nos randonnées et activités avec les niveaux, les durées et les prix.

Quelle est la meilleure saison pour randonner aux Aït Bouguemez ?

D'avril à juin, la vallée est à son plus beau : pommiers en fleurs, champs verts, cascades pleines. C'est aussi le mois de mai qui voit passer les transhumances vers Izourar. Le M'Goun garde de la neige jusqu'en mai, l'ascension attend plutôt juin.

En juillet et août, il fait chaud en plaine marocaine mais très agréable à 2200 mètres. La saison des estives sur les plateaux.

En septembre et octobre, lumières dorées, récolte des pommes, sentiers secs. La période parfaite pour les grands treks.

De novembre à mars, la vallée reste accessible et les balades sous la neige sont superbes. Les hauts cols et le sommet relèvent alors de la randonnée hivernale, avec un encadrement adapté.

Faut-il un guide pour randonner dans la vallée ?

Groupe de randonneurs sur un sentier du Haut Atlas dominant la vallée des Aït Bouguemez

Pour les balades de fond de vallée, non : les sentiers entre villages se suivent facilement. Pour les cols, les crêtes et tout ce qui touche au M'Goun, oui, sincèrement. Pas seulement pour la sécurité, car la météo de montagne change vite et rien n'est balisé là-haut. Mais parce qu'un guide d'ici transforme la marche.

Avec Brahim ou Ahmed, la randonnée devient autre chose. Dans tous les villages traversés, tous les seuils franchis, on parle berbère, une langue hospitalière. « Atay », pour dire le thé, est sans doute un des mots les plus fréquents du Haut Atlas. Il ne se passe pas deux heures sans qu'un homme ou une femme ne vous convie à le prendre, à la menthe, très sucré, avec du pain trempé dans l'huile d'olive. Et si c'est dix fois par jour qu'il nous est proposé, ce sera dix fois oui, sans hésiter. On prend le temps du thé, on parle peu, on profite de la douceur des tapis tissés par les femmes de la maison. Ici, le temps ne compte pas. Ce qui compte, ce sont les rencontres, les partages.

Préparer votre randonnée : nos conseils

De bonnes chaussures déjà rodées, une polaire même en été car les soirées à 2200 mètres sont fraîches, une casquette, une gourde. Nous fournissons l'eau filtrée au départ. Les balades à la journée sont accessibles à toute personne qui marche régulièrement. Pour le M'Goun, prévoyez un peu d'entraînement dans les semaines qui précèdent.

Depuis l'écolodge, où Ahmed et Nejma font du premier bonjour une invitation à se sentir chez soi, nous organisons tout : guides, muletiers, pique-niques, transferts depuis Marrakech. Écrivez-nous avec vos dates et votre niveau pour réserver votre séjour, et nous composons le programme ensemble.

Dans les Aït Bougmez, les jours se suivent et se ressemblent. Et c'est ça qui est si bon.

Auteur

Saïd Marghadi

Publié le

Fév 24, 2018

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