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Vous avez dit aventure?

Trois voyageuses belges affrontent neige et imprévus lors d’un trek dans le Haut Atlas. Grâce à la réactivité et l’accueil de Touda, elles vivent une expérience humaine et mémorable au cœur de la vallée des Bougmez.

Randonneurs traversant un ruisseau dans la vallée des Aït Bougmez, Haut Atlas marocain

Elles sont Belges, elles sont trois, elles s’appellent Katrien, Veerle et Lisbeth.
Elles ont décidé de faire un trek dans le Haut Atlas, nous leur avons proposé un itinéraire au départ de Zawyat Ahansal pour finir dans la vallée des Bougmez. Le guide les récupère à Marrakech, tout ce petit monde est ravi et impatient de faire le trek.

Sur la route, la météo se dégrade, plus la voiture gagne en altitude, plus la neige est insistante. Panique à bord.
Les pneus du taxi patinent sous la première neige. Rappelons qu’ au Maroc il n’y a pas de pneus neige, et que très peu de chauffeurs sont équipés de chaines.
Premier réflexe, joindre l’organisateur pour signaler le problème: « Alloooo Said ! Il nous faut un  4×4 pour partir d’ici, le taxi est immobilisé! ». Par chance un taxi 4×4 arrive depuis Azilal, le chauffeur du 4×4 contacté accepte de prendre les 3 filles et leur guide. Mais au bout d’une centaine de mètres, le 4×4 patine à son tour et s’immobilise dans le fossé.

Plutôt que d’attendre une journée entière que la route soit dégagée, une seule solution s’offre au groupe: laisser les sacs dans le taxi et marcher pour se rapprocher de la vallée en passant par le col de tizi n’ tirghist. De l’autre coté du col, à Touda, comme à l’accoutumée Ahmed prend les choses en main et décide de mobiliser un pick-up pour aller chercher le groupe. Il est en contact permanent avec Hassan le guide pour se concerter et se retrouver au bon endroit. Le pick-up grimpe les virages qui conduisent au col de tizi n trghist mais la neige le ralentit à plusieurs reprises.
Au bout de 3 heures de marche, le groupe retrouve enfin Ahmed et peut finir ainsi la route en voiture jusqu’à Touda. Le taxi qui était coincé dans la neige avec ses passagers a pu rejoindre la vallée très tard dans la soirée (heureusement pour lui).

A Touda, séjourne au même moment un couple de Hollandais qui rentre sur Marrakech le lendemain. Quand le couple entend les mésaventures des Belges, il panique et imagine ne pas pouvoir rentrer chez soi. « Allo Said on a besoin d’un 4×4 demain pour repartir ! »
Dans la tête des gens, un 4×4 résout tous les problèmes mais ils oublient qu’un 4×4 sans pneu neige ni chaines ne peut repartir de la vallée.
Notre travail consiste dans un premier temps à rassurer les gens psychologiquement, pour qu’ils se sentent écouter et pris en charge.
Puis vient le temps de l’action.

Dans notre domaine, il faut être agile, réactif. Avec ces 3 clientes, nous avons adapté le programme et par conséquent de prestation, nous avons perdu de l’argent, certes, mais nous avons gagné la confiance d’individus, des hommes et des femmes que l’ont reçoit d’abord comme tels à Touda. Bien plus que de simples clients.
Katrien, Veerle et Lisbeth ont bien profité des journées ensoleillées qui ont suivi cet épisode neigeux et sont reparties chez elles avec des beaux souvenirs.

En conclusion, l’expérience client est beaucoup plus importante que les photos Instagram. Professionnalisme et humanisme ne peuvent pas être dissociés.

Auteur

Saïd Marghadi

Publié le

Mar 23, 2018

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